"El Poder de Dios"

Publié le par Yann-Vari

Après avoir bu un verre chez Maka et Camila, nous avons voulu nous rendre à la Proa, un pub-boîte près du barrio puerto de Valpo. Il était 4h, et bien évidemment, il était trop tard pour avoir une entrée gratuite. Pour nous consoler, Malik, Bruno et moi,décidions d'acheter des papas fritas (des frites) dans une petite friterie pas très loin.

Voici une situation insupportable et coutumière de la vie à Valpo :

 

La friterie avait le doux nom de "El Poder de Dios" (le Pouvoir de Dieu). 1000 pesos la barquette de frites (environ 1,5€,... cher). Alors que sur le mur, une pancarte indiquait un truc dans le genre "Le pêcheur sait quand il agit bien, ou mal, non à l'alcool et non aux drogues, qu'ainsi soit le Pouvoir de Dieu", la radio crachait un insupportable prechi-precha racoleur sur fond de chanteuse pour ado déviant. Un espèce de goui-goui évangéliste pentecôtiste assez crâde en somme.

"La Mano de Dios sobre usted... Padre nuestro que esta en el cielo...". ("La main de Dieu est sur vous... Notre Père qui êtes aux cieux...")

Un mec d'allure européenne, blond virant au roux engage la conversation.

Un espèce de charabia incompréhensible.

Nous (en Espagnol) : "Allemand ?"

Lui : "Deutshland"

Nous : "Qué ? Puedes hablar en Español (tu peux nous parler en Espagnol) !"

 

Le mec - chilien, en réalité - était en train d'essayer de nous parler en Anglais. Car ici, on repère vite que nous ne sommes pas Chilien, surtout quand on parle Français, bien évidemment.

 

Lui : " Vous êtes en intercambio ?"

Nous : "Sipo !"

Lui : "Qué universidad ? (quelle université ?)"

Nous : "La UPLA, et toi ?"

Lui : "Santa Maria, ingénierie commerciale. Mais vous faites quoi ici ? C'est très dangereux ! Vous devez rentrer à Viña (la ville à côté qui ressemble à La Baule, et qui est remplie d'Américains friqués)"

Nous : "Non, mais on connait, on habite à côté"

Lui : "Very dangerous ! Go back to Viña !"

Non, mais ça va connard ! On n'habite pas à Viña ! On te dit qu'on habite à côté ! On ne peut pas bouffer tranquillement notre frite sans s'entendre dire que nous sommes en danger de mort dans la première des friteries ? Et arrêtez, bordel, de nous parler en Anglais "Oui donte anderstande nada, weon !" !

 

Et le mec continue à baratiner sur le fait que le quartier est dangereux pour des gringos.

Bien sûr nous ne sommes pas Chiliens, mais on commence à s'habituer à la ville.

 

Et nous dire qu'ici c'est "dangerous" dans un anglais à l'accent tellement mauvais que nous même nous ne comprenons pas, c'est assez insupportable. "Habla Español, chucha !"

 

Chronique d'Européens : véritables porte-feuilles ambulants et gringos friqués pour le commun des Chilien à qui l'on aime foutre la frousse.

 

Assez insupportable...

 

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Publié dans Vivre à Valpo

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Commenter cet article
M
<br /> Je comprend tellement ta frustration ! Evidemment, on ne peut pas dire que mon quartier portuense soit très dangereux, mais rien de plus énervant que de faire des efforts pour se faire comprendre<br /> en portugais, et de se voir répondre en anglais parce que "c'est plus facile, ça va plus vite"...<br /> <br /> <br />
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J
<br /> Si Viña ressemble réellement à La Baule, je peux comprendre pourquoi tu ne voudrais pas y retourner, et pourquoi le mec t'a saoulé.. :)<br /> (et ici, la barquette de frites, c'est plus de 2£.. déprimant, non ? :)<br /> <br /> <br />
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Y
<br /> <br /> En fait, j'ai du mal m'exprimer :<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> La scène s'est passée à Valparaiso, dans le Barrio Puerto (l'un des quartiers les plus pauvres de Valpo). Donc on est loin de La Baule.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> En me disant "Rentre à Viña", c'est comme s'il me disait "Retourne dans ton hôtel 5 étoiles / Retourne à l'Hermitage, espèce de petit Amerloque friqué."<br /> <br /> <br /> Alors que moi je vis à deux minutes de la friterie.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> (Et je ne t'envie pas, £2 c'est la ruine !)<br /> <br /> <br /> <br />
B
<br /> Surréaliste. Viva Chile !<br /> <br /> <br />
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