Mil Tambores

Publié le par Yann-Vari

Jours de fête à Valpo, deux semaines après le Bicentenaire: El Carnaval Mil Tambores (Le canaval des Mille Tambours).

 

Des milliers personnes - plus que pendant le Bicentenaire, d'après certains chiliens - se réunissent à Valpo pour cette fête populaire. Hippies, étrangers, Porteños, Santiaguinos et Chiliens de tous lieus, se retrouvent dans les cerros de Valparaiso, tocando percuciones, et se peignant le corps de toutes les couleurs.

 

Mil-Tambores-009.JPG

 

Bonne humeur, musique, couleurs, rires et gamins sur des échasses. Un spectacle de tous les instants.

 

Mil Tambores 020

 

Mil Tambores 017

 

Il semblerait que ce soit les enfants porteños qui ont été à l'origine de ce carnaval particulier. Les niños de chaque cerro formaient des ensemble de percutions et se baladaient de cerros en cerros, les autres enfants s'ajoutant au défilé progressivement.

 

Aujourd'hui les jeunes n'hésitent pas à braver le froid en défilant torse nu, la poitrine, le dos et le visage recouverts de superbes peintures. Les corps se fondent dans la mosaïque de couleurs de Valparaiso.

 

Mil-Tambores-032.JPG

 

Après s'être rassemblés sur la place San Luis, en haut du cerro Alegre, le défilé s'organise et se déroule tout le long de l'interminable Avenida Alemania, route sinueuse qui relie la majorité des cerros de Valpo. Le principe du Carnaval est le même qu'en France, mis à part que tout paraît moins "organisé", que l'ambiance festive y semble plus authentique, sans doute moins commerciale.

 

A la nuit tombée, la Subida Cumming - que certains chiliens expatriés à Rennes ont pu qualifiée de "Rue de la Soif" porteña - est littéralement blindée de monde. Les gens boivent dans la rue, ce qui est habituellement interdit au Chili, et passible de très lourdes amendes.

Quelques ombres au décors : la présence de carabiñeros armés, et de guanacos... drôle de système de sécurité pour un évènement festif culturel...

 

Alors que j'étais à une peña avec des copains, un peu plus loin de chez moi, sur le Barrio Puerto, je reçois l'appel de Romain resté à l'appart, festoyant avec Sebastian, notre 7e et dernier coloc, affectueusement surnommé "El Raton" (ie : le Rat) pour son extrême discrétion (dois-je avouer que je viens d'apprendre son prénom, après deux mois de colocation ?)

 

"Ne rentre surtout pas à la maison, restez où vous êtes pour l'instant. C'est la grosse merde devant chez nous. Il y a un affrontement violent entre la police et les Chiliens rassemblés devant chez nous. Les guanacos et les cocktails Molotov sont de sortie !"

 

Nous restons donc sagement jusqu'à 4h30 du matin dans le bar où se déroulait la Peña. Lorsque nous arrivons sur la place Anibal Pinto, juste en contre-bas de chez nous, tout est tristesse et désolation. Nos amis chiliens se désolent : "C'est ça qu'ils appellent une fête en l'honneur de notre mer nature ?"

 

Le sol est jonché de bouteilles brisée en morceaux incroyablement fins, des canettes, des poubelles et des pavés arrachés à la route recouvrent la chaussée. Les rues sont désertes. No man's land.

 

(cf. article du Mercurio)

 

Bienvenue au Chili, jeune démocratie où l'on évacue la foule venue s'amuser à coup de canon à eau et de violence policière.

 

Mil-Tambores-004.JPG

 

Mise à jour : samedi 16:00 :

 

Près de 11h après les affrontements, les traces restent impressionnantes. Un local de location de DVD complètement pillé, la quasi-totalité des vitres du supermercado Lider sont brisées, des morceaux de verre gros comme des grains de sables ont résisté au nettoyage des employés communaux... mais surtout une désagréable et irritante odeur de lacrymo persiste. 11h après les faits, la gorge brûle toujours.

Publié dans Vivre à Valpo

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
R
<br /> J'avoue que la mère nature ne semble pas au coeur de tous les festivaliers, ni des guanacos avec lesurs produits chimiques. En effet drôle de façon de concevoir le vivre ensemble !!<br /> <br /> <br />
Répondre