Pourquoi je n'ai plus cours depuis 4 semaines

Publié le par Yann-Vari

En plus des manifestations contre le projet HIDROAYSEN, la jeunesse chilienne est de plus en plus nombreuse à se mobiliser pour son université. Pour vous rafraîchir la mémoire, retour sur cet article posté il n'y a pas très longtemps, où je résumais mes interrogations longtemps émises. Je comptais en faire un article pour les Décloîtrés. Je regrette amèrement, le sujet aurait été plus que d'actualité (vu que la mobilisation sur ce sujet n'avait pas encore commencé), et il aurait amené mes amis de l'IEP et d'ailleurs, ainsi que chaque lecteur du magazine, à réfléchir sur notre système universitaire.

 

Je m'en repends.

 

Hier encore, je suis allé manifesté. Plus de 12 000 étudiants dans les rues de Valparaiso. Quelque chose d'impressionnant. Pas de répression majeure de la police, qui s'est simplement concentrée sur les casseurs (sous les encouragements des manifestants, d'après le rapport de certains médias).

 

Morceaux choisis de slogans et banderoles :



"Nos matan repitiendo sin parar la palabra DESARROLLO, sin embargo en los paises desarrollados, la educacion es GRATUITA y PUBLICA. Y Chile, CUANDO?" ("On nous casse les oreilles avec le DEVELOPPEMENT, cependant dans les pays développés, l'éducation est gratuite et publique. Et au Chili, c'est pour quand ?")



"Ser joven y no ser revolucionario es una contradiccion hasta biologica." ("Être jeune et ne pas être révolutionnaire est une contradiction presque biologique.")

 

"Solo un 13,5% de los estudiantes tiene beca" ("Seulement 13,5% des étudiants ont le droit à une bourse")



"Solo un 0,3% del PIB va a la educacion superior" ("Seulement 0,3% du PIB va au budget alloué à l'éducation supérieure")

 

 

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Photo du journaliste Francisco Ovalle.

 

Je vous invte à regarder cette video. (cliquez ici)

 

Pour vous aider, je vous traduis l'esprit du témoignage de cet homme du futur :

 

Projection en 2050, Santiago du Chili, un homme raconte :

"J'ai étudié dans un lycée municipal de ma commune."

Du fait d'un manque d'information, et d'un manque de moyens, il n'a pas pu aller dans une PCU (genre de prépa pour aider à entrer à l'Université, qui même publique est payante et sur concours - il n'y a pas de bac au Chili qui permettrait comme en France aux bacheliers d'entrer à l'université dans le domaine de leur choix).

"Je n'ai pas réussi à intégrer la formation que je souhaitais (...). J'ai donc rejoint une université privée [pour étudier dans mon domaine de prédilection]"

"La bas, j'ai rencontré mes meilleurs amis. Mais aussi je me suis beaucoup endetté... mais c'était la unique solution pour pouvoir étudier ! Ainsi j'ai de nouveau regardé devant moi ! Je me souviens de mes parents, si fier de me voir partir à l'Université. Et ça nous a coûté cher, et nous y avons souffert ! Parce que la somme que nous devions payer était très élevée.
Mais je ml'en suis sorti ! Et c'est là que tout est devenu plus compliqué."

"J'ai galéré à trouver un travail, parce que je ne venais pas de l'université d'excellence. Donc j'ai cherché n'importe quoi. Et l'on payait un salaire de misère."

"JE N'AI JAMAIS TRAVAILLE POUR CE QUE J'AI ETUDIE... ET JE CONTINUE DE PAYER MES ETUDES [40 ans plus tard]"

"Et là, ma mère a perdu le sourire. Pour mes frère, il était devenu impossible de leur payer l'Université."

"Ainsi ma vie s'est résumée à payer mes dettes colossales plutôt qu'à réaliser mes rêve..."

Publié dans Société chilienne

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