Solo un hasta pronto

Publié le par Llansito

 

Retour à Paris. Quel sensation bizarre ! Pierre R. m'avait prévenu : ce qui choque c'est que rien à changer. Comme l'impression de revenir de 2 semaines de voyage. Les Français sont toujours aussi râleurs, beaufs à l'occasion. Roissy est toujours aussi bordélique et bondé... mais comment font les autres pays pour avoir des aéroports si gigantesques et moins compliqués ?

 

Je me sens très sale, et salé : j'ai profité de l'escale de 10 heures à Miami pour faire un saut dans le Golfe du Mexique. Bien sûr, je n'avais ni maillot de bain, ni serviette, donc j'ai sauté dans l'eau bouillante de Floride en caleçon, oubliant les starlettes en bikini ultra-sexy voire vulgaires et les blonds, les latinos et les blacks bodybuildés. Un peu comme un Bidochon en vacances à Saint-Trop'.

 

IMG_1369.JPG

 

J'ai fini par écourter la baignade en me rendant compte que ma bombarde avait disparu... Panique. Je retourne avec Romain à l'aéroport chercher l'instrument dans tous les « objets-touvés », mais en vain. Finalement, fin du suspens, nous nous rendons au guichet de la LAN, la compagnie chilienne avec laquelle nous avons fait le voyage Santiago-Miami, où nous finissons par retrouver ladite bombarde qui était rester dans l'avion... Des trucs qui arrivent peut-être à tout le monde, mais moi j'ai l'impression que ça n'arrive qu'à moi.

 

Je m'arrête ici pour vanter les qualité de la LAN. American Airlines à côté, ce sont de vieux avions avec des vols généralement plus chers, avec un confort beaucoup plus spartiate et un service au guichet et de gestion des bagages beaucoup moins performants. Non, je n'ai pas d'action chez eux, je ne suis pas le neveu de Sebastian Piñera (président de la République chilienne et un des actionnaires principaux – si ce n'est pas l'actionnaire principal - du groupe), mais la LAN c'est le top.

 

Je tourne un peu au tour du pot, mais j'en viens au départ de Valparaiso. J'ai l'impression tenace d'être parti à l'arrache. Non seulement du fait de ne pas avoir pu faire signer mes papiers de fin de séjour, ni même de n'avoir pas validé mon année du fait des grèves et des occupations d'universités qui n'ont toujours pas cessé (cf. articles précédents), mais aussi parce tout m'a paru précipité. Je crois que je ne me suis pas vraiment rendu compte de la situation, et que je suis parti dans l'esprit « ce n'est qu'un au-revoir », que je pars simplement en weekend et que l'on se retrouvera dans un an.

 

Ben pourquoi pas, tiens.

 

Alors que je me plaignais d'être trop « étranger » et de me sentir beaucoup trop comme tel au début de l'année, j'ai – je crois –, plus que m'être approprié la ville, été adopté par Valparaiso. Pas par le Chili, excusez-moi la précision : je parle toujours trop mal Espagnol à mon goût, je n'y ai pas de famille, je n'y fais pas vraiment les mêmes études, je n'ai pas la tant convoitée carte TNE (Tarjeta Nacional de Estudiante) et ma carte d'identité chilienne mentionne un inexorable « cedula de identidad extranjera ». D'ailleurs les chiliens que je ne connaissais pas trop continuaient à se marrer au moindre emploi de chilenismes, comme si c'était quelque chose d'étrange pour un étudiants d'échange universitaire sur place depuis un an.

 

Sinon, à part ça, je me suis senti cette année un vrai étudiant porteño, et s'en aller c'est inconsciemment se dire « bien sûr que je reviendrai ! » Certaines amitiés, si simple, si profondes et si sincères m'appellent à revenir. Je ne sais pas quand, mais je m'y sentais autant chez moi qu'à Rennes ou bien qu'à Nantes.

 

Donc, je vous le dis, à chaud, assis dans une salle d'attente de la gare Roissy-TGV, je me sens étrangement bien. Un peu déboussolé à dire « permiso » ou « adelante » ou bien encore « gracias » à toute tête étrangère. Je crois qu'à ce niveau là, ça risque de devenir compliqué : il va s'agir d'oublier les automatismes chiliens.

 

Après 3 semaines à profiter à fond de la ville et des gens, et donc nécessairement des carretes (« fêtes/soirées » en Chilien), je suis crevé. Et après 35 heures de voyage (escale à Miami comprise), j'ai quelques signes d'agacement envers les tics franco-français, envers la machine à snacks qui me vole deux fois 2€ sans me délivrer mes chips salvatrices. C'est peut-être mieux pour ma ligne. Mais, avec tout ça, je ne pleure pas. Ou du moins pas encore. Il y a encre une heure et demie j'étais avec Romain que je n'ai pas quitté depuis le départ du terminal de bus de Valparaiso. Rien à dire : voyager à deux doit jouer beaucoup. Mais qu'en sera-t-il quand je me réveillerai dans ma chambre ? Quand je retrouverai le train-train quotidien de ma vie française ?

 

Peut-être suis-je devenu très indépendant, voir individuel à ne pas m'émouvoir plus que ça des séparations ? Peut-être ai-je suffisamment souffert des séparations précédemment pour être blindé à ce genre de problème ? Honnêtement, je ne souhaite pas. Je ressens un mélange de culpabilité de me sentir bien après avoir quitté un Pancho en larme à l'aéroport de Santiago, et de peur de devenir une bête sans émotion. Je ne le souhaite donc pas, et franchement je en crois pas être devenu insensible. Demain, ou après-demain, ou dans une ou deux semaine, peut-être dans un mois, je devrais souffrir de la nostalgie. Je m'y attends, à voir comment je réagirai.

 

Pour en revenir à des choses plus factuelles, j'ai eu l'impression d'avoir quitté 4 fois Valparaiso les derniers jours là-bas. Avec toutes les despedidas (fêtes d'adieux), à avoir accompagné tant de personne à la gare routière, à avoir accueilli nos bourreaux, c'est à dire ceux qui vont nous remplacer à Valpo, ceux qui vont nous donner de ses nouvelles, de celles de nos amis chiliens, après tout cela j'ai ressenti 4 fois l'angoisse du départ.

 

Je ne vais pas vous cacher non plus que mon propre départ était pour le moins bizarre : dépersonnalisation sérieuse, comme perdu dans une autre dimension... Irréel. Quelques pleurs, mais toujours pudiques. D'extérieur ce devait peut-être émouvant, pour moi c'était irréel et déconcertant. Et puis quelques regrets, de n'avoir pas pu attendre Camilla P. qui faisait le déplacement depuis chez elle pour venir me dire adieu.

 

Et puis, l'aéroport, le dernier pisco sour...
Tout est passé trop vite en fait...

 

28-de-julio-2011-026.JPG

 

Es solo un hasta pronto, querido Chile.

 

 


 

Publié dans Voyages

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
S
<br /> Bonjour, voilà comme je viens de visiter une partie de ce magnifique pays en Aout 2009 je laisse un commentaire.<br /> En revoyant ces images qui me sont connues je repense à tous ces bons moments passés là-bas.<br /> En tout cas félicitations au créateur de ce blog!!!il est très enrichissant! Bonne Continuation !!!<br /> <br /> <br />
Répondre
L
<br /> <br /> Merci =)<br /> <br /> <br /> <br />
T
<br /> Moui la nostalgie revient vite... moi aussi j'étais plutôt relax en revenant, avec l'impression d'avoir abandonné Pékin sans vraiment le sentiment que ça me manquait tant que ça.<br /> Et ça m'a vite rattrapé ! Bonne chance à ce moment-là ^^<br /> <br /> A très vite =)<br /> <br /> <br />
Répondre