Quelque part au Sud-Est du Pérou (note de mon Carnet de Voyage V)

Publié le par Yann-Vari

Quelque part au Sud-Est du Pérou - 11H00 - 22/12/10

 

Moi qui me plaignais du manque d'authenticité de mon voyage, me voilà servi ! Me voici serré avec des Péruviens, des vrais, entassés, trop nombreux dans un car manifestement trop petit.

 

Un vieille homme debout dans le couloir central commente à coup de "si pe !" l'actualité politique du pays (les élections approchent), jusqu'à citer Fujimori qui aurait plaidé pour une maternité responsable (être maman à 14 ans ! Tout de même !)

 

Où suis-je ? Bonne question. Je sais juste que le car dans lequel je suis depuis Puno est vieux, pas aux normes, sale et plein à craquer comme un micro porteño à l'heure de pointe. J'avoue avoir eu un premier doute quand l'employé de la compagnie (San Martin, si vous voulez tout savoir) m'a fait monté à bord sans me filmer et me faire signer et/ou relever mes empreintes comme l'exige sévèrement la loi péruvienne.

 

Je suis heureux. Etre "entouré d'Inca" comme dirait Clara, mais sans "être bourré", ne pas être dans le confort absolu des bus chiliens, de prendre des risques - minimes, avouons-le - mais qui rendent le voyage tellement plus passionnant.

 

Ah, ces petits vieux péruviens édentés en habits traditionnels qui me regardent d'un oeil rieur !

 

Je dis bien quelques risques car mon voisin de gauche s'est fait voler son celular high-tech pendant le trajet. Du coup je reste un minimum sur mes gardes en priant pour que mon sac de rando soit toujours dans la soute à bagage.

 

En el centro de la Pampa, vive un pimenton... (V. Jara)

 

Je croise des paysages fantastiques du Pérou reculé : lac Titikaka, pampa verdoyante (nous sommes à la saison des pluies) peuplée de paisibles lamas. Je traverse des villages perdus où une foule s'agite néanmoins sur la place du marché.

 

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Je suis le seul Européen ici, sûrement le seul étranger. Mais les gens ne me dévisagent pas ; les chauffeurs, des Péruviens bien rustres au premier regard sont d'une politesse et d'une amabilité gratuite qui tranche avec l'expérience vécue à Cuzco.

 

En attendant, cela fait plus de 24H que je n'ai pas dormi, ou presque, mais je préfère rester éveillé, pour profiter de ce moment privilégié. Je dormirai dans les bus insupportablement inconfortable du Chili - même si je n'y suis jamais vraiment parvenu.

 

Tacna est à 400 km. J'espère y arriver avant la fermeture de la frontière. J'aimerais éviter de devoir veiller dans le terminal sans avoir dormi une trentaine d'heures.

 

 


 

Publié dans Voyages

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