Tout est une question d'A-DAP-TA-TION

Publié le par Yann-Vari

Première "vraie" semaine de cours. Je pense avoir trouvé les cours que je vais prendre finalement :

 

- Sociologie de l'éducation

- Géographie : logistique et préparation aux excursions

- Histoire du Chili et de l'Amérique du Sud

- Philosophie de la culture

- La notion de citoyenneté chez Adela Cortina (avec ici, une interrogation : jusque là aucun cours ne semble avoir eu lieu ; où s'il y a eu changement d'horaire et de salle, nous sommes naturellement pas informés...)

 

L'adaptation à l'université avance (un peu). Mais mis à part pour demander où se trouve la caisse pour avoir un ticket de RU et s'il s'agit bien de la bonne salle de classe et du bon cours, je ne pense pas avoir parlé à aucun étudiant chilien. Et naturellement, aucun d'eux ne vient vers nous. Car mine de rien, c'est extrêmement frustrant, et le manque d'aisance dans la langue t'incite inconsciemment à rester dans ton coin. Les profs, eux, sont franchement en règle général francophiles. Je crois n'avoir jamais réalisé à quel point les intellectuels français ont pu avoir une influence mondiale, jusqu'à l'autre bout du monde. Emile Durkheim, Henri Bergson et surtout Michel Foucault sont des noms qui reviennent à tous les cours.

 

L'adaptation à la fac, c'est aussi assister à des conférences. Je parle ici d'une conférence organisé par des Mapuches et sur le thème des Mapuches.

 

Mapuches ?

Les Mapuches sont le peuple "indigène" du Chili et d'Argentine. Ils sont en guerre depuis maintenant 200 ans avec le gouvernement chilien. Et 200 c'est aussi le nombre de bougies que va souffler la République du Chili le 18 septembre prochain. Pour résumer : lorsque les Espagnols sont arrivés sur l'actuel territoire chilien, ceux-ci ont dû se battre contre les farouches guerriers mapuches, et il n'y a jamais eu de réel vainqueur. Si les Mapuches, qui occupaient l'intégralité du territoire ont perdu la plus grande partie de leurs terres, ils n'ont jamais été défaits, et ont pu obtenir de la couronne d'Espagne la reconnaissance de leur peuple et de leur terre. Lors de l'indépendance du Chili, le tout jeune gouvernement chilien n'a lui pas eu cette décence. Actuellement, le peuple Mapuche continue à se battre pour la préservation de ses coutumes, de ses terres et pour sa reconnaissance ; mais face à lui, le gouvernement use d'une arme quelque peu... immorale : celle de la loi anti-terroriste mise en place par la dictature de Pïnochet pour éliminer tous ses opposants politiques. Ainsi, la police chilienne peu en toute impunité procéder à des arrestations sommaires, des jugements expéditifs pour réprimer l'opposition politique mapuche.

 

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Aujourd'hui, plusieurs leaders mapuches incarcérés entament leur deuxième mois de grève de la faim. Je ne peux m'empêcher de penser à  Hunger de Steeve MacQueen.

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Pour en revenir à la vie chilienne, l'adaptation se fait peu à peu. Lentement.

Adaptation culinaire : finalement faire du riz et manger des légumes autres que la terrible palta revenus à la poêle peut se révéler plus diététique et plus savoureux que les immanquables pâtes-knakis rennais.

Adaptation linguistique. Quelques bémols : comme garder contact et nouer de sincères relations avec des chiliens semble plutôt compliqué, la présence d'une communauté de Français s'avère salvateur et rassurant. Mais bon, avec toutes les limites que cela suppose.

Adaptation à la vie locale : du mieux. Soirées beaucoup plus nombreuses. Premiers pas (hésitants, c'est le moins que l'ont puisse dire) dans les boîtes chiliennes. Concerts aussi : hier soir notamment avec l'excellente prestation de Pascuala Ilabaca et de son groupe de musique d'influence traditionnelle. Je crois que j'adhère de plus en plus à la musique chilienne...

 

Sinon, jeudi, j'ai pu voir Naira pendant 5 min. Elle devait faire un concert à Valparaiso avec son groupe franco-suisse de musique andine. Le concert ayant été annulé, elle n'a peu jouer avec ses amis que 20 min sur la place O'Higgins d'El Plan. Mais elle devrait repasser au Chili en septembre.

 

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Pour rester dans l'insolite : aujourd'hui entre Français (Ronan, Noémie et Romain), nous sommes allé faire une après midi sand-board et empanadas à Concon. Faire du sand-board c'est en fait faire du snowboard... mais sur une dune immense. Bon moi, j'ai surtout fait de la luge - et je crois que les seuls autres à avoir fait de la luge avaient au maximum la moitié de mon âge. Que voulez-vous, je suis un grand gosse en fait.

Ca m'a pas empêcher d'en bouffer, du sable !

 

En guise de cadeau de fin d'article, petite photo de mon "auberge espagnole" :

 

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De gauche à droite : Mariano, Fred (ancien pensionnaire de la chambre de Romain), Ronan, Barbara, Malik (un autre pipoteur Rennais que j'avais convié ce soir-là), Romain, Nadia (la copine colombienne de Fred) et Marcos (le fiancé de Barbara).

Soirée "dégustation" de Terremoto (cocktail chilien dont le nom prend tout son sens le lendemain matin : "Oh puta la wea ! Que caña !")

Publié dans Vivre à Valpo

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A
<br /> apero<br /> <br /> <br />
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N
<br /> c'est nul tu ne parles même pas de comment t'as essayer de défoncer ta porte et que tu t'es fait mal au dos, weon<br /> <br /> <br />
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R
<br /> Le terremoto fait parfaitement son effet, super soirée en tout cas !!!<br /> <br /> <br />
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