La musique au Chili

Petite page spéciale MUSIQUE. (en construction)

 

Pas besoin de beaucoup de temps pour tomber amoureux de la musique chilienne. Amateurs de World Music, de musique traditionnelle (le premier qui me dit "folklorique", je l'embroche au bout de ma bombarde), de musiquelatino, de musique tout court... morceaux choisis :

 

Pascuala Ilabaca A. :

 

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Musique traditionnelle, très forte influence de la Cueca (l'équivalent local de la danse bretonne, en moins breton, voire pas du tout), une superbe voix et l'avantage d'être Porteña. J'ai assisté à son concert gratuit à la fac de Droit de la Universidad de Valparaiso pour le lancement de son premier CD.

 

seule sur les toits de Valpo : http://www.youtube.com/watch?v=gdhY7jWS9tQ&NR=1

Live (qualité pas trop mauvaise pour une vidéo de spectateur) : http://www.youtube.com/watch?v=hIbK-9_rO-s

Avec son groupe sur les toits de Valpo : http://www.youtube.com/watch?v=dUUnZtTv2DE

Son blogspot : http://pascualailabaca.blogspot.com/

Son myspace : http://www.myspace.com/pascualailabaca

 

(Aux dernières nouvelles, Romain LH, mon cher et tendre coloc a dansé avec elle en boîte, si ! si ! SCOOP !)

 

 

 

Chico Trujillo :

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D'après Wikipedia, le genre de ce groupe hyper-festif et hyper-populaire tournerait autour de : cumbiabolero,balladeska, reggae et rock. Comme presque toujours ici, les thèmes abordés par les chansons tournent autour de l'amour. Je vous cache pas que parfois j'ai un peu de mal à dormir quand le bar en bas de chez moi commence à mettre à fond Chico Trujillo. Mais musicalement c'est tellement plaisant. Avis aux amateurs : chaque année ChicoTrujillo tourne en Europe.

 

Page myspace : http://www.myspace.com/chicotrujillo

Une petite ballade : http://www.youtube.com/watch?v=JCfMQRiaa1E

Sur les toits de Barcelone : http://vimeo.com/11626493

"Loca, loca, loca..." : http://www.youtube.com/watch?v=ZwtcyXl5y9c

 

Protistas :

 

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Le Chili, musicalement ne vit pas seulement sur son passé, sur le souvenir chargé de la dictature. Il y a aussi des groupes plus récents et talentueux, qui revisitent à leur façon l'influence de musiques plus 'commerciales', moins ancrées dans le folklore sud-américain, tout en restant d'une très belle inventivité. J'aurais pu vous parler de LosTres, groupe de rock chilien très influent sur le continent. Non, j'ai choisi de vous présenter Protistas, un groupe deIndie beaucoup plus récent, plus jeune et encore un peu confidentiel. Mais pour combien de temps ?

 

Oui, les Protistas commencent à faire leur trou dans le monde de la musique chilienne. Les fans ont déjà passés les frontières, il paraît qu'on en trouve jusqu'en Irlande du Nord ! Il  arrive que l'excellente radio Horizonte de Santiagooublie les groupes anglo-saxons pour faire une émission spéciale sur ces jeunes et talentueux musicienssantiaguinos.

 

 

Vidéo prise par moi même. Du fait d'un problème de son lors du concert dans ce bar de Viña, la voix est peu audible.
Nortinas War, thème de l'album du même nom.

 

 

 

Incendio en mi corazon.

 

 

 

Que dire de plus ?

Ah je les ai vus deux fois en concert, donc je peux vous assurer que en vivo, ça vaut aussi son pesant de cacahuètes.

 

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LES MONSTRES SACRES :

 

Ceux qu'on ne présentent plus, symbole de la musique d'opposition à Pinochet. Bien souvent forcés à l'exile jusqu'au début des années 1990, voire même exécutés (cf. Victor Jara)

 

Quilapayun :

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Reconnaissables à leurs ponchos noirs (symbole d'un peuple en souffrance dont ils font l'écho), Quilapayun est sans doute le plus politisé des groupes mythiques chiliens. Auteurs de la magnifique et célèbrissime chanson ElPueblo Unido, dont je vous incite vivement à découvrir les paroles. Egalement interprètes les plus fameux de la cantate Santa Maria de Iquique, écrit par Luis Advis en hommage aux ouvriers martyrs des évènements de décembre 1907 à Iquique.

 

 

Violeta Parra :

 

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J'aurais dû commencé commencer par elle. Elle, c'est l'origine de la musique chilienne moderne. Fière de ses origines, de sa culture, elle a commencé son oeuvre par un travail de recollection, dépoussiérant la musique traditionnelle, la cueca (danse nationale),... Puis, dans un deuxième temps, Violeta a composé de nombreuses chansons qui aujourd'hui font partie intégrante du patrimoine culturel chilien, à tel point que les Chiliens eux-mêmes ont du mal à différencier les chansons traditionnelles de celles de sa composition. On lui doit ainsi la naissance de la Nueva Cancion Chilena, qui deviendra après sa mort (1967) un puissant mouvement musical, symbole du militantisme de gauche, de la résistance culturelle à la dictature de Augusto Pinochet et de la revalorisation du patrimoine culturel chilien.

 

De nombreux groupes (Inti-Illimani, Los Jaivas, Los Bunkers,...) et chanteurs chiliens ont repris et reprennent encore le répertoire de celle qui est, comme m'a dit une fois un chilien autour d'un feu, "notre mère à tous".

 

 

Gracias a la vida, la chanson la plus célèbre de Violeta. Peu de temps après avoir écrit ce remerciement à la vie, elle se donnera la mort... effondrée par la mort de son fil.

 

 

Les Inti-Illimani (voir plus bas) sont avec Victor Jara les plus célèbres disciples de Violeta Parra. Nombre de leurs chansons sont en réalité des reprise de Violeta comme la Exiliada del Sur  

(cf. Inti-Illimani) et la superbe Lo que mas quiero ('ce que j'aime le plus').




 

 
 

 

 

Les Jaivas ont eux-aussi été très inspiré par Violeta Parra. A l'actif du groupe de rock-fusion andin (merci wikipedia), ce magnifique instrumental de la non moins belle chanson Run-Run se fue pa'l Norte .

 

Inti-Illimani :

 

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Je crois, sans me tromper, qu'il s'agit du groupe le plus célèbre du Chili. J'ai eu la chance de les voir deux fois en concert, même si le groupe s'est divisé en deux. "Inti" signifie "soleil" en langue quechua, et "Illimani" est le nom de la montagne qui surplombe La Paz (Bolivie). Comme son nom le laisse deviner, Inti-Illimani ne se contente pas de puiser dans le folklore chilien, sinon aussi dans toute la culture andine. A l'instar de Quilapayun, Inti-Illimanis'est fait connaître 'grace' à la dictature et au coup d'Etat qui l'a contraint a prolonger de de 15 ans sa tournée en Europe.

Le répertoire de Inti-Illimani est composé de reprises de Victor Jarra, Violeta Parra et de traditionnels, ainsi que de compositions propres.

 

 

Ma chanson préférée, Vuelvo es celle où le groupe rêve de leur retour au Chili, après l'exil. Un chant d'amour pour leur terre, et à l'humanité. ("Vuelvo al fin sin humiliarme, sin pedir perdon ni olvido. Nunca el hombre esta vencido, su derrotaes siempre breve" : "Je reviens enfin sans humiliation, sans demander pardon et sans oublier. L'homme n'est jamais vaincu, sa défaite est toujours brève")

 

La Exiliada del Sur, reprise de Violeta Parra. Une chanson qui donne des frissons. 

 

 

La Fiesta de San Benito 

, traditionnel bolivien.




 

 

 

 

Vientos del Pueblo, superbe reprise de Victor Jarra.

 


 

 

Los Prisioneros

 

http://www.elcarrete.cl/enciclopedia/archivos/los_prisioneros1.jpg

 

 

"Merde, qu'est-ce qu'il nous lâche comme truc kitch le JM ?"

J'attends à beaucoup de réactions allant dans ce sens avec cet ancien groupe chilien, toujours incontournable. Je me rappelle de ma réaction quand Marie P. réagissait ainsi à ma première présentation de musique chilienne : "Ensuite tu me feras une présentation de Los Prisioneros" Alors je me suis mis à écouter. Mais qu'est-ce que c'est que ce truc bourré de mauvais synthés des années 80 ?

 

J'ai appris à apprécier.

 

 

 

 

Los Prisioneros n'est pas simplement un groupe 'ochentero', c'est surtout LE groupe de contestation sociale sous la dictature. Quand les déjà-nommés-précédemment Quilapayun, Inti-Illimani, Jaivas, etc. occupaient depuis l'étranger le terrain la contestation politique, les Prisonniers eux axaient leurs textes sur une provocation audacieuse. Jugez-en pas vous même avec Sexo (1984)... :

 

 

 

"sexo compro
sexo vendo
sexo arriendo
sexo ofrezco...
Ya no hay de que enrojecer
es cotidiano ya lo ves
ahora la virginidad
es una cosa medieval"

 

"j'achète du sexe

je vends du sexe

je loue du sexe

j'offre du sexe...

il n'y a plus de quoi rougir

tu vois bien que ça appartient déjà au quotidien

aujourd'hui la virginité

es un truc médéval"

 

 

Vous noterez l'humour de ce groupe qui vient à peine de percer. En avance sur son temps, et même sur l'IEP de Rennes en s'initiant au libdub de qualité artisanale. (Désolé, provocation gratuite, le thème de l'article m'y oblige). Comment ont réagi les autorités de la dictature militaire de Pinochet soumises à l'influence de l'Opus Dei ? Crac ! Censure. Quoi de mieux que la censure pour se rendre célèbre ?

 

Autre chanson où la critique sociale du groupe lui a valu la censure : El baile de los que sobran (1986)

 

 

 

 

Ici, Jorge Gonzalez, Claudio Narea et Miguel Tapia s'attaquent à l'éducation qu'ils considèrent comme facteur de discrimination et à l'origine des inégalités sociales. Sacrément bourdieusiens les mecs. Un thème étonnamment d'actualité aux vus des évènements actuels au Chili.

 

 

Bourdieusiens, mais aussi féministes avec Corazones Rojos (1990) :

 

 

 

 

 

Avec un texte évidemment ironique, les trois musiciens critiquent la société machiste chilienne.

 

A l'époque, le simple fait d'être rockeur était un signe de contestation, quand la seule musique promue par le régime était le fameux 'baile nacional' (danse nationale) à savoir la cueca. Jouer du rock c'est comme jouer de la musique andine, c'était chercher l'émancipation.

 

Aujord'hui, il s'agit d'un des groupes les plus repris à la guitare, la nuit, dans les ruelles de Valparaiso, en se cachant des camions de carabiñeros à l'affût de musiciens délinquants (jouer de la musique dans les rues, un verre à la main, peut vous coûter trèèèèèès cher ici). Non seulement leurs textes sont d'une richesse incroyable mais leur musique est très intéressante - certes les arrangements sont plus contestables, mais ils reflètent une certaine époque.

 

 

Toujours aussi "kitch" los Prisioneros ?

 

 

http://2.bp.blogspot.com/-l7ZxHr0NF8U/TfzrWUFU2lI/AAAAAAAAAX8/fM-HbxOTfmU/s1600/ojo.jpg

 

Quilapayun.jpg

 

(à suivre...)

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