La Rue n'est pas interminable.

Publié le par Yann-Vari

A travers les murailles grises, tu plantes tes griffes. Arrache les moindre petites parcelles que son odeur appelle, soule toi du venin des autres et coule, coule, coule, sous des océans d'alcool, nage parmi le banc des bouteilles qui dérivent au large du Pacifique. La lune accompagne ta fuite, et la poussière de Valparaiso s'envole, tel un nuage qui se soulève à chaque bourrasque, à travers les rues sales, les maisons sales, les chiens sales, les micros sales.

 

Le nuage s'éloigne et se rapproche, débris de rien, d'une ville sans pluie, débris dans tes yeux secs qui ne reflètent même plus l'éclat de la lune, cette lune ronde, blancheur d'ivoire, jaune foie, rouge comme le blanc de tes yeux. Et le vent qui a chassé les nuages du matin, chasse le vide, chasse le vide. Les couleurs de Valparaiso s'estompent sous les coups de butoir de ta copine la lune, de ta meuf la lune, de ta pute la lune.

 

Et des profondeurs des vallées, entre chaque cerro, entre chaque ascensor, une musique irréelle envahit tes tympans tandis que le temps se fige. « Ecoute ma voix, dis-je, écoute ma voix » Mais seul ton rire résonne. Seul ton silence pleure. Seule ta silhouette avance dans le noir éclairé des lanternes de Valparaiso, telles de minuscules braseros, bougies perchées sur Quarante-deux collines.

 

Mais la rue n'est pas interminable, non.

La rue n'est pas interminable.

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Publié dans Divers

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